Images en rappel
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Il y a quelques années, en cours d’écriture de ce qui allait devenir Hergé ou la profondeur des images plates, Pierre Fresnault-Deruelle nous proposa, par courriel, la lecture du brouillon de ce qui allait devenir la « case en exergue » intitulée « La traversée du blanc » . Confrontés à cette image fameuse, nous nous sommes pris au jeu et lui avons concocté illico quelques éléments de réflexion. Magnanime, il réserva non seulement un accueil chaleureux à nos quelques remarques, mais ouvrit à certaines d’entre elles, quelques années plus tard, les pages de son livre. C’est donc à la faveur d’une relecture des ouvrages de Pierre Fresnaut sur Hergé, pour la présente circonstance, que nous avons réalisé que notre intérêt pour cette image n’avait cessé de croître. Et comme nous étions loin aussi d’avoir vidé la réflexion, qu’à notre sens elle soulève encore et toujours, nous avons décidé d’y revenir – en rappel pourrait-on dire – afin de prolonger le plaisir irremplaçable d’un échange initié amicalement, en son temps, par lui.

Des décisions plastiques

La vignette qui retient notre attention provient d’un état de l’œuvre d’Hergé guère connu aujourd’hui, à part peut-être chez les spécialistes ou les aficionados : les albums noir et blanc d’avant-guerre qui ont fait l’objet de diverses rééditions en fac-similé depuis une vingtaine d’années. L’intérêt pour ce moment antérieur de son œuvre par rapport à ce qu’on en connaît actuellement réside pour beaucoup dans le fait qu’il peut révéler, comme en palimpseste, une couche d’écriture rendant lisible, par certains aspects, un processus de création exposé en phases distinctes. Avec la bande dessinée, il est rare que l’on puisse disposer d’un « redessin », une manière de « repeint » qui, par contraste avec l’état précédent, fait apparaître l’évidence de choix picturaux – comme d’indiscutables faits matériels – autrement demeurés celés ou relégués au statut de conjectures. Ce que l’on est en mesure de certifier, en s’arrêtant sur cette vignette d’Hergé, c’est que son auteur en a modifié la configuration d’origine pour la remplacer par une autre, après que la version initiale fut un assez long moment considérée comme achevée et définitive . S’il nous paraît légitime de rapprocher ce « redessin » du repeint en peinture, c’est que l’on a affaire, avec ces retouches, à une démarche de « restauration » de l’œuvre, par son auteur , à la faveur d’un changement du contexte socio-historique et des conditions éditoriales qui l’ont vu naître. En s’y attardant, on espère approfondir certains aspects de ce remaniement, en partant du point de vue qu’Hergé a forcément redessiné cette vignette en gardant sous les yeux la précédente, et que son geste a procédé d’une volonté d’amender (corriger, améliorer, mettre au goût du jour, etc.) certaines caractéristiques de l’ancienne. Dans la mesure où les motivations idéologico-culturelles de cette restauration ont déjà fait l’objet d’éclaircissements , c’est à la dimension esthétique que nous allons cette fois arrêter notre problématique. Il convient également d’observer que, s’agissant de cette vignette particulière, le travail de retouche a été plus important que dans la plupart des images ayant fait l’objet de modifications ; par exemple, on est loin ici d’avoir simplement affaire à un recadrage rendu nécessaire par l’adoption de nouvelles normes de publication. En redessinant cette vignette de la façon dont il l’a fait, Hergé a livré indirectement une manière d’apostille ou d’annotation à propos de son œuvre et de son art ; à charge pour nous maintenant d’expliciter la nature des décisions plastiques que ce geste laisserait entrevoir ...

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